Journal de voyage

Hka Hka Borazi, une longue marche entre l’Assam et le Tibet

Ce récit retrace l’aventure d’une expédition en Birmanie qui eu lieu du 13 novembre au 23 décembre 2005. Cette expédition de 40 jours aller-retour dans une contrée reculée, montagneuse où l’homme est acculé par la nature, fut une expérience hors du commun. La région visitée est située au 27°50 de latitude Nord et au 97.5° Longitude Est. Son climat est subtropical et tempéré humide, la pluviométrie annuelle peut atteindre les 3 mètres.

Le choix de cette destination s’effectua deux ans auparavant, au retour d’une incursion dans la forêt du POMHKARAZI ( montagne de 3184m , située à quelques lieues de la frontière indienne, au nord de la Birmanie – actuelle Myanmar), Dominique C… guide de montagne et moi-même avions projetés le souhait de se rendre au camp de base de la plus haute montagne du Myanmar, le HKAKABO RAZI (5881m).

Nous serons accompagné pour ce périple de Christian (biologiste suisse), de Mickaël (jeune retraite de la marine) et de Véronique (ergothérapeute).

Départ de PUTAO

Nous atterrissons à PUTAO, dernière bourgade menant au pied de la montagne avant la remontée du torrent NAM TAMAI.

Le ministre du tourisme de l’Etat du Myanmar, présent ce jour dans la bourgade, après avoir demandé de nous rencontrer, nous souhaite bonne chance.

Cette ville est pittoresque, quelques motocyclettes de 125cm3 de conception chinoise et de nombreux camions de l’armée encombrent l’unique rue bordée de Bauhinia purpurea et du Castanopsis tribuloides.

La récolte de riz bien avancée dégage dans la plaine une ambiance bucolique. Rien ne laisse présager l’engagement total avec la nature dans quelques jours.

La logistique est impressionnante pour un tel voyage. Dix-sept porteurs de PUTAO, cinq cooks, deux guides dont TETONG (formé à l’Ecole Nationale de Montagne de Chamonix), se révélerons très précieux pour la suite des événements. Les treize autres porteurs sont à 15 kilomètres au bord de la MALIHKA, autre rivière, point de jonction de cette équipe. Les trente sept hommes accompagnant les cinq européens se révéleront indispensables pour la suite de ce voyage dans une région pratiquement inconnue.

La logistique impressionnante est justifiée par l’absence quasi totale de possibilité d’avitaillement auprès des dix hameaux que l’on se propose de traverser pour se rendre dans le dernier village tibétain d’altitude installé depuis l’année 1954, date de l’invasion chinoise au Tibet.

Une région subtropicale

Le premier pont suspendu franchi, nous arrivons dans un village nous offrant ses allées de Livistona speciosa et Areca catechu, hauts de 15 mètres voire plus.

Les Diospyros kaki avec leurs fruits orange se partagent les jardins avec le pamplemoussier et le mandarinier, très nombreux dans cette plaine de 300 mètres d’altitude.

De nombreux Melia burmanica bordent la route récemment empierrée par une équipe de prisonniers politiques, installés précairement à proximité du premier village terme de l’étape. L’ingénieur des routes, heureux de rencontrer des européens, nous présente la fin du chemin aménagé à la sortie de la ville.

Quelques jours plus tard et quelques villages plus haut, les premières difficultés se précisent. Le porteur qui m’accompagne est tétanisé, nous rencontrons sur la route un serpent arboricole de couleur vert fluorescent de 1.2 mètres de long. Une rapide rotation aidé de notre bâton de marche évite le contact.

Dix minutes plus tard, un second serpent, un cobra royal, de 1.90 mètres de long, sans se soucier de la présence humaine, nous coupe le chemin au pied de nos chaussures. Là, les birmans réagissent vigoureusement, neutralisent l’animal et s’élancent dans une discussion animée traduite par TONG TONG, second guide anglophone.

Puis, on nous présente l’école ayant accueilli le corps d’un chercheur universitaire nord américain, spécialiste des serpents de cette région, n’ayant pas échappé à la morsure d’un d’entre eux en 2004.

De nombreux sangliers coupent relativement fréquemment notre sentier, celui ci s’est relativement réduit pour atteindre 30 centimètres de large. Les hautes herbes ( Symplocos dryophila ) non dégagées, pour l’instant, par les villageois hébergent de nombreuses sangsues, prenant possession de nos chevilles, mollets et bien plus haut si nous ne prenons pas nos précautions d’inspecter nos jambes toutes les 15 minutes.

La végétation subtropicale est impressionnante. Trois mètres d’eau par an, explique la densité et l’exubérance desDendrocalamus strictus, des Musa ornata, des Croton oblongifolius en fleur en ce mois de novembre.

Quelques Rosa gigantea installés en bordure de sentier retiennent l’attention de Christian.

Les Castanopsis hystrix, hauts de 25 mètres, dominent cette végétation quasi impénétrable pour nous européens.

Un bambou, du type Sasa, se comportant comme le Chusquea quila du Chili, grimpe à l’assaut des arbres et atteint les 15 mètres de hauteur.

Les calaos, superbes oiseaux, nombreux en ces lieux, partagent les cimes des arbres avec les gibbons alertant leurs congénères de notre présence.

Le bruissement d’air du vol des grues locales (saurus crane) porte l’ensemble des regards en direction d’un Ficus benghalensissurvolé par ces admirables oiseaux.

Une fin de mousson

La mousson n’est pas terminée. La pluie entretien une humidité permanente. Les sentiers sont glissants, les ponts suspendus deviennent de plus en plus précaires. L’un d’entre eux est délaissé au profit d’une traversée à gué d’un torrent sécurisée par les birmans sous l’autorité de Dominique et de Te Tong.

Une éclaircie, nous permet de découvrir les premières neiges de la chaîne de montagne nous séparant de l’Assam et du Tibet.

Un premier Juglans regia var. kumanoica, dépouillé de ses feuilles, signale la présence d’une hutte birmane, servant d’entrepôt de riz aux paysans.

La soupe avalée, nous poursuivons notre route sur un sentier pavé de galets à quelques encablures du torrent furieux du peu de place laissé par les montagnes hautes de 2500 mètres.

Les panicules de fruits noir de l’hydrangeacée : Dichroa febrifuga, haut de 3 mètres, nous cachent la nature du sol de plus en plus glissant. Nous sommes trempés de la tête aux pieds.

Pas une once de terrain est disponible. La multitude de plantes d’ombre, gorgées d’eau, empêche toute pénétration significative.

Begonia hymenophylloides, Musa ornata se disputent le territoire oppressant, saturé d’humidité. Les lianes s’enlacent à l’assaut des arbres et parasitent troncs et branches.

Chaque tronc accueille une quantité de plantes épiphytes ; orchidées diverses, Philodendron lacerum, Gloriosa superba,Smilax lanceifolia et perfoliata.

De temps à autre, le sentier emprunte les bords de torrent bordé de Debregeasia longifolia portant leurs fruits orange à même la branche.

Les Alnus nepalensis (aux feuilles dévorées par un insecte) peu à peu grignotent le territoire à cette eau froide exempte departicules organiques et d’une limpidité exceptionnelle.

Les poissons, régulièrement pêchés par les villageois, à l’abri des rochers immergés, nagent en rond inlassablement.

La progression est lente sous la pluie. Le soleil disparaît derrière la montagne et 45 minutes plus tard, éclairés par la lampe frontale, nous tentons d’accélérer les pas pour rejoindre notre hutte située à 2 heures de marche.

En silence, chaque membre presse le pas, tentant d’éviter la chute dont les conséquences pourraient se montrer catastrophique dans cette nature franchement hostile.

Exténués, sans voix, les uns et les autres, prenons possession de la hutte sur pilotis au plancher précaire confectionné avec des lattes de Dendrocalamus.

Dix minutes plus tard, le premier rompt le silence et s’interroge sur la poursuite de cette aventure exigeant des qualités physiques et psychologiques hors normes.

Le lendemain, après dix heures de sommeil, nous reprenons notre sentier sous la pluie, dans un brouillard traînant en fond de vallée.

Nous sommes à 1200 mètres d’altitude, un Cinnamonum tamala, bordant le sentier, toujours aussi pierreux et étroit, se mélange avec quelques Cinnamonum zeylanicum et Michelia champaca.

Six heures plus tard, nous partageons la hutte d’une famille solitaire vivant à une journée de marche du prochain village.

Un superbe Albizzia lebbek, haut de 18 mètres, étale ses longues branches sur le lit du torrent très proche.

Débarrassés de nos chaussures détrempées et exposées au soleil, nous savourons les dernières heures ensoleillées de la journée.

C’était sans compter sur l’action des moucherons, dotés de rostres. Ils découpent une infime partie de peau après avoir inoculé un anesthésiant, se révélant quelques minutes plus tard irritant et provocant sans délais des démangeaisons insupportables. Mon coude criblé de piqûres et de boursouflures, s’infectera quelques jours plus tard.

Un groupe de birmans de confession chrétienne, ont installé un camp en plein air près de la hutte, ils préparent l’avènement de Noël à l’abri d’un Lithocarpus tribuloides.

Les Musa et les Dendrocalamus seront les matériaux utilisés dans cette région pour édifier les abris de plein air.

La famille, nous offre du maïs grillé et la racine cuite du Canna edulis, cultivé dans tous les jardins.

La soirée autour du foyer domestique à même le sol de la hutte, nous réchauffe en cette période où la température peut chuter à 2°C, aussitôt le soleil caché.

Le dîner composé de poissons du torrent, ont été pêchés à l’aide d’un javelot doté d‘un trident selon la méthode tahitienne. Ce repas est une surprise pour l’ensemble du groupe

Un panda rouge, tué à l’arbalète la veille, nous est également proposé au dîner. Christian membre actif de l’association W.W.F., s’oppose vigoureusement à cette disposition. Les porteurs birmans moins sourcilleux que les européens font cuire une main du singe hurleur abattu par les villageois.

Ainsi va la vie dans ces vallées hostiles, hors du temps, fréquentées tous les deux ans en moyenne par quelques nord américains, en dehors de tous regards d’occidentaux.

Une région tempérée

J’avais fait état en 2003, lors de mon trek dans cette région, de la présence de petits hommes haut de 1.10 mètres (les Tarongs) dans l’avant dernier village situé à 1600 mètres d’altitude. Il en reste cinq ; un homme et quatre femmes forts âgés, totalement assimilés à la population birmane. Ils seraient les descendants de survivants d’un cataclysme local – un tremblement de terre – ayant été séparé du reste de cette ethnie, localisée dans une vallée chinoise limitrophe et à 10 jours de marche du village.

L’accueil est chaleureux, les médicaments birmans distribués, je propose au chef de village de rémunérer le récolte de glands duQuercus lamellosa, aperçu à proximité du village.

Le pont suspendu composé uniquement de rotin et de bambou est maintenu de part et d’autre des rives par un lithocarpus tribuloides, et probablement un Lithocarpus edulis.

Nous reprenons notre chemin. Le sentier est a présent débarrassé de cette végétation de sous bois et cette zone ensoleillée est bordé de Gardenia coronaria chargé de boutons floraux.

Les Arundo donax, les Miscanthus nepalensis dominent cette végétation située à flanc de montagne.

Quelques heures plus tard, nous sommes accueillis par l’ensemble des habitants d’un village d’origine tibétaine. Ce sont les rescapés d’une longue marche entreprise en 1954 par l’ensemble du village tibétain fuyant les militaires chinois. Depuis deux ans, ils bénéficient de la nationalité birmane.

Le solide tibétain Nama Johnson, compagnon du franco-japonais Ozarki, vainqueur du Kakhabo Razi, nous accueille et nous affecte, une pièce de sa maison à l’architecture caractéristique du Tibet.

Le lendemain, tout le monde s’accorde une journée de repos. Le matin est réservé à la présentation du groupe aupès des anciens du village. L’après-midi, nous permet de découvrir la végétation.

Nous sommes à 1750 mètres d’altitude, la neige encore présente 8 jours auparavant, est maintenant reléguée à 2500 mètres.

Le fond de vallée se révèle être un lieu où cohabite les plantes des zones subtropicales et tempérées. Il est peuplé notamment des espèces suivantes : Deutzia corymbosa, Rhododendron arizelum, Coriaria sp (espèce que je n’ai jamais rencontrée dans l’Himalaya et peut être non décrite), Populus pyriformis, Salix tetrasperma, Alnus nepalensis, Musa supporta sans trop de difficultés des températures occasionnellement négatives. Fritillaria roylei, Skimmia laureola, Betula alnoides, Cornus oblongua, Hydrangea stytlosa, Juglans, Viburnum cylindricum (sous espèce aux des feuilles très étroites).

A cette époque, les feuilles des arbres caduques jaunissent ou rougissent selon l’espèce. La ceinture des Abies fragesii rompt les couleurs caractéristiques de chaque étage de végétation. Quelques Pinus roxburgii, plantés dans certains jardinets tibétains, ont vocation d’aider le démarrage du feu. Chaque logis est doté de quelques baguettes d’aubier prompte à s’enflammer au contact d’une allumette.

Certains membres du groupe regrettent le retour mais la sagesse commande au guide français ce renoncement au camp de base situé à 2000 mètres plus haut.

La logistique birmane est ébranlée. Les crise de malaria, les douleurs musculaires aux genoux, les conséquences de certaines chutes, la fatigue extrême des porteurs, et la défection de quelques uns ont pesé dans cette décision de bon sens.

Le retour dans la vallée subtropicale

Après cette journée de repos, accompagné du co-vainqueur du sommet du Kakhabo Razi, nous amorçons prudemment la descente. Nous sommes conscient les uns et les autres, qu’une blessure entraînant l’impossibilité de marcher pourrait être extrêmement dangereuse dans cette nature aux sentiers destinés exclusivement aux chasseurs.

Le long d’un torrent, j’aperçoit un Quercus lamellosa, recherché depuis 1995 dans l’Himalaya.

Ce magnifique arbre associé au Quercus lanuginosa étalent leurs branches au dessus du lit du torrent.
Les cupules et les glands du lamellosa sont activement recherchées par les porteurs, fort intéressés par la récompense financière annoncée.

Une dernière visite aux TARONG (les petits hommes) et nous poursuivons notre route aidé du soleil perçant le brouillard fréquent à cette époque, en fond de vallée.

H.G. Hundley dans la liste des végétaux présents au Myanmar, fait état de la présence de l’Arundo donax au nord du pays. Cette plante abonde sur les flancs de la montagne accompagnée des Miscanthus nepalensis et probablement des Miscanthus chinensis.

Nous traversons le premier pont suspendu dans le sens du retour. Toutes les craintes et précautions sont balayées. Sans avoir l’aisance des birmans, nous traversons avec assurance les ponts les plus archaïques. Jusqu’au moment où Véronique, fera céder sous son pas le chaume d’un Dendrocalamus en fort mauvais état.

Le lendemain, le groupe précédé des porteurs, s’engage sur un sentier pavé de galets et de roches couverts d’une fine couche de lichen très glissant. La progression est lente. Tout le monde redouble d’attention. La magnifique fructification du Dobinea vulgaris retient, pendant un court temps, mon regard, et c’est la chute. Je me relève aidé par Tetong inquiet de l’état de mon genoux.

Fort heureusement, nous arrivons au terme de l’étape du jour, dans le village ayant hébergé, durant cinq jours, un membre de notre équipe souffrant également d’une articulation.

Deux magnifiques spécimens de Juniperus recurva var. coxii délimitent l’entrée de ce hameau.

La fructification et la floraison conjointe des Camellia sinensis, présents dans tous les jardins intriguent l’équipe européenne.

Notre hôtesse, aimablement, nous propose de la racine cuite de Canna edulis avant le dîner.

La nuit tombe sur le village. De chaque toiture s’échappe de multiples volutes de fumées émanant des foyers. Les villageois tard dans la soirée, heureux d’avoir hébergé un étranger européen, offrent au groupe un récital de chants inspirés de la fête de Noël.

Le lendemain, nous tournons le dos à la vallée menant au col d’accès à la région indienne (Assam). Nous nous enfonçons dans la forêt humide dominée principalement par une population de Fagacées.

Nous serons hébergé le soir par les autorités de police pour les 24 heures à venir.

Une seconde journée de repos à l’entrée du parc national du Kakhabo Razi est la bienvenue. Le village, sous l’autorité des militaires et de la police stationnant en garnisons, contrôle l’accès principal aux vallées menant en Chine, en Inde (Arunachal Pradesh) et au Tibet.

Un superbe Podocarpus javanicus aux longues feuilles, situé à proximité immédiate du bâtiment d’accueil, déclenche l’admiration de Christian.

De nombreux Lithocarpus et Catanopsis dominent l’abondante végétation ceinturant les torrents venant des trois vallées.

Cornus capitata, Aralia thomsonii, Schefflera verrulosa, Trevesia palmata, Hedera nepalensis, Leycesteria formosa,Sambucus wightianus sont les principales espèces reconnaissables dans inextricable concentration de végétaux bordant les torrents.

Le surlendemain, nous remontons à 2000 mètres d’altitude pour sortir de cette vallée splendide, dangereuse à la flore d’une richesse remarquable.

La montée est laborieuse, les haltes fréquentes me permettent de mieux observer le Magnolia rostrata, aux grandes feuilles et à l’acclimatation délicate en Bretagne.

La floraison du Luculia gratissima en bordure de sentier déclenche l’admiration du groupe.

Une Viorne familière dans la chaîne himalayenne, Viburnum cylindricum , une sous espèce à feuilles très étroites, est chargée de ses baies noires métalliques.

Le rythme de progression est nettement supérieur à celui de l’aller. Notre guide français nous recommande de gérer nos efforts en tenant compte de l’état physique de chacun. Cette mise en garde est inhabituelle pour des trekkeurs avertis, elle s’adressait impersonnellement mais visait l’un d’entre nous au souffle très court. Avait-il pressenti le danger !

Le lendemain, un membre de l’équipe européenne présente une démarche hésitante, délesté de son sac, il termine l’étape sur une civière de fortune six heures plus tard. Au matin suivant, il est évacué en pirogue sur l’hôpital le plus proche. Ce transfert se révélera être le dernier pour cet homme qui aura affronté 30 jours de marche dans une jungle de zone subtropicale et tempéré humide.

Nous quittons provisoirement Dominique très sollicité par les autorités birmanes, françaises, l’assureur, l’agence et la famille française.

Une lettre du Consul de France, le dégagera des obligations dictées par le Général commandant la zone, lui intimant de veiller le corps déposé à la morgue de l’hôpital, plus proche du dispensaire de campagne.

Nous continuons notre route vers Putao en remontant à 2200 mètres d’altitude en 48 heures.

Les sentiers utilisés ne tiennent pas compte des lacets propres à chaque sentier de montagne, au contraire les birmans ont créé un sentier dont le tracé est droit quelque soit la pente observée.

Durant ce dernier périple, je note la présence du Gaultheria yunnanensis, de l’Aucuba himalaica et de nouveau d’un Coriaria sp, du Smilax perfoliata, du Gardenia coronaria, et zeylanica, le Cornus succica.

Le trek se termine sur la rive de la MALIHKA, la fatigue cumulée pèse sur nos membres. Les réflexes sont amoindris mais la perpective du repos à venir efface les efforts des longues journées. Chaque sentier avec ses galets, rochers… pouvaient devenir à chaque instant un piège quasi mortel compte tenu de l’extrême difficulté d’évacuation, tout autre moyen était inexistant y compris l’hélicoptère.

Les jardins des derniers villages contiennent, outre le pamplemoussier, apporté par les missionnaires anglicans, diverses plantes condimentaires et médicinales telles le Zanthoxyllum, le Solanum indicum, le Canna edulis, le Saccharum officinarum, le gingembre, le poivrier, l’amarante.

Ainsi, vivent les habitants de cette région excentrée de toute communication, oubliés des autorités birmanes jusqu’en 1996, date des travaux du docteur Rabinowitch, sur le Hka Hka Borazi, classé parc national depuis cette époque.

Nous venons de parcourir 180 milles terrestre à travers une des plus grande concentration végétale existante sur terre.

Le 30 janvier 2006
JEAN MERRET

Plantes installées dans l'Arboretum issues de récoltes de graines

  • Aralia thomsonii
  • Deutzia coronarius
  • Dobinea vulgaris
  • Lithocarpus clarkei
  • Luculia gratissima
  • Populus rotundiflora
  • Lithocarpus xylocarpus
  • Quercus lamellosa
  • Quercus oxyodon var. oxyodon
  • Lithocarpus litseifolius
  • Callicarpa tomentosa