Journal de voyage

Hommes et plantes de la Haute Birmanie

Rhododendron burmanicum et de quelques Fagacées du genre Lithocarpus et Castanopsis, six hommes et femmes, sous la conduite d'un guide français spécialiste des régions himalayennes, se sont retrouvés sur l'aéroport de Putao (anciennement Fort Hertz) petite bourgade isolée par une succession de montagnes annonçant les sommets de l'Himalaya de 8000m et plus.Acer (érable) au revers de feuille pruiné également présent en Arunachal Pradesh, Etat indien situé de l'autre côté de la chaine de montagnes bordée par le Tibet.Buddleja asiatica avec ses panicules blanches partage la piste ravinée par la récente mousson avec le bouleau à feuille d'aulne (Betula alnoides). Les inflorescences cotonneuses d'une graminée de trois mètres voire plus, apportent une note de légèreté face aux Fagacées dominant l'abondante végétation de cette zone subtropicale. Schefflera gigantea de 15 mètres de haut, de bambou de type Chusquea valvidiensis qui tout comme ce dernier, grâce aux branches latérales, grimpe jusqu'à 20 mètres de haut et plus, en s'appuyant sur les Engelhardia serrata (genre proche des frênes) et nous observons au passage des Luculia gratissima abondamment fleuris en cette saison. Les Rubus(ronces) flexibles sont méthodiquement élagués à la machette par le lisu, chasseur-pêcheur et mandaté garde par les autorités locales soucieuses de protéger la diversité animale du braconnage. Rhododedron du genre prostitum – excite la curiosité de Louis, membre de l'A.P.J.B., mandaté par Raymond Grall, obtenteur de rhododendrons et autre, pour cueillir des semences de cet arbre haut de 20 mètres voire plus.Magnolia officinalis se détache de cet enchevêtrement de Rubus (ronces) calophyllus, acuminatus, gigantiflorus, niveus, parapungens, pentagnus et sumatranus sans oublier le lineatus, arbuste de 2m de haut, égarés dans ce fouillis. Les Dichroa versicolor et febrifuga ornent la base des Sauravia napaulensis. Acer pectinatum, caudatum, etc...) les premiers conifères (Picea, Abies, Larix...) sont seulement à trois heures de marche en période non pluvieuse. Les premières neiges de l'automne recouvrent les sommets à partir de 3000 mètres, mais il faut rebrousser chemin et emprunter encore plus de 30 fois les traversées à gué et parfois des ponts de fortune sont installés, dotés de main courante, tenue de part et d'autre par 2 gaillards à demi immergés dans cette eau furieuse à 10°C.Berberis insignis, souligne Jacky Pousse, à très grandes feuilles de houx - 15cm de long – retient l'attention du trio en quête. Des nouveautés botaniques, l'allure raide de la Myrsine semiserrata partage un espace avec le Cornus succita et le Leycesteria gracilis. Engelhardia serrata ,abondamment doté de grappes samares pendantes, partage la base de la falaise rocheuse avec un Prunus cerasoides, couvert de fleurs roses pâle et toujours pas installé en Bretagne nord malgré mes 18 investigations successives dans l'Himalaya. Le Desmodium burmanicum se débarrasse à chaque passage de jambes de ses multiples graines en gousses en se fixant sur tout support textile ou soyeux. Il s'agit d'une espèce volubile, rampante, couvrant galets, roches et le reste qui, me semble-t-il, doit présenter un intérêt esthétique non négligeable. J'arrête mon énumération de plantes figurant en annexe à la demande des collectionneurs avertis. Michelia champaca, le Castanopsis hystrix, les Arundo sp et les rizières s'étalent en cette plaine ou se dégage une ambiance bucolique.

Jean Merret
voyageur découvreur